Édition française alignée sur les sources

Franz Schlegelberger

réclusion à perpétuité ; libération conditionnelle pour raisons médicales accordée en 1951 1876–1970

Franz Schlegelberger a exercé la fonction suivante : secrétaire d’État (1931–1942) et ministre de la Justice du Reich par intérim (1941–1942). Ce profil reconstruit sa place dans Reich allemand et territoires polonais occupés à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

JusticeDroit racialRépression juridique

Éléments établis

  • Nommé secrétaire d’État le 10 octobre 1931, Schlegelberger prit la direction du ministère de la Justice du Reich après la mort de Franz Gürtner en janvier 1941. Il quitta ses fonctions le 20 août 1942, lorsque Otto Georg Thierack devint ministre. (Jugement du procès des Juges, 4 décembre 1947, transcription, p. 10787)
  • Le tribunal du procès des Juges constata que son projet avait servi de base, avec des modifications, au décret du 4 décembre 1941 imposant un droit pénal discriminatoire aux Polonais et aux Juifs des territoires annexés par l’Allemagne. Il qualifia sa participation à cette législation de persécution raciale et de violation des lois de la guerre. (Jugement du procès des Juges, 4 décembre 1947, transcription, p. 10790–10792)
  • Il signa le décret du 7 février 1942 confiant au ministère de la Justice et aux tribunaux la poursuite et le jugement des détenus relevant du programme hitlérien « Nuit et Brouillard ». Le jugement désigna cette signature comme un fondement de sa responsabilité personnelle. (Jugement du procès des Juges, 4 décembre 1947, transcription, p. 10789)
  • Dans l’affaire Luftgas, le tribunal constata que Schlegelberger avait personnellement ordonné, à la demande d’Hitler, le meurtre d’un détenu juif. Ce fait précis montre une intervention dans une affaire individuelle, en plus de sa responsabilité dans la politique ministérielle. (Jugement du procès des Juges, 4 décembre 1947, transcription, p. 10792)

Place dans la chaîne de responsabilité

La responsabilité de Schlegelberger résidait dans l’utilisation de la législation, des instructions ministérielles et des procédures judiciaires à des fins de persécution. Il soutenait qu’en restant en poste, il avait protégé la justice d’ingérences policières plus graves encore. Le tribunal rejeta cette justification : le ministère avait lui-même servi des fins criminelles. Son départ en août 1942 n’effaçait pas les décisions qu’il avait déjà prises. (Jugement du procès des Juges, 4 décembre 1947, transcription, p. 10793–10794)

Événements et mécanismes clés

Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Le 4 décembre 1947, le tribunal militaire américain du procès des Juges condamna Schlegelberger à la réclusion à perpétuité après l’avoir reconnu coupable des chefs II et III, relatifs aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité. L’ordonnance de John J. McCloy du 31 janvier 1951 maintint cette peine sans modification ; le communiqué qui l’accompagnait prévoyait une libération conditionnelle pour raisons médicales. Cette distinction est essentielle : la libération pour raisons de santé ne constituait ni un acquittement ni une annulation de la peine perpétuelle par cette décision. (Prononcé de la peine, 4 décembre 1947, transcription, p. 10934; Ordonnance et communiqué de McCloy, 31 janvier 1951, NMT, vol. XV, p. 1170 et 1182)

Limites des preuves

Les faits de guerre présentés ici sont attribués au jugement du tribunal, plutôt que déduits du seul titre de Schlegelberger. Ils ne prouvent pas qu’il ait personnellement ordonné chaque condamnation prononcée sous le régime nazi. Les mesures ultérieures prises sous Thierack exigent leurs propres preuves et doivent être distinguées des actes documentés de Schlegelberger. (Jugement du procès des Juges, 4 décembre 1947, transcription, p. 10787, 10792–10794)

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.