Édition française alignée sur les sources

Julius Wohlauf

condamné en Allemagne de l’Ouest à 8 ans d’emprisonnement ; mort en 2002 1913–2002

Julius Wohlauf a exercé la fonction suivante : commandant de la 1re compagnie et commandant adjoint du 101e bataillon de réserve de police. Ce profil reconstruit sa place dans district de Lublin, Józefów Biłgorajski, Końskowola et Międzyrzec Podlaski à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

Exécutions de massePolice d’ordreLiquidations de ghettosShoah

Éléments établis

  • En 1942, il commandait la 1re compagnie du 101e bataillon de réserve de police et était l’adjoint du commandant du bataillon, Wilhelm Trapp ; ce constat établit sa place dans la chaîne de commandement, mais ne lui attribue pas automatiquement chaque acte commis par la compagnie.
  • Avant le massacre de Józefów du 13 juillet 1942, Trapp avait informé à l’avance Wohlauf et Hartwig Gnade de la mission. Pendant l’opération, Wohlauf a désigné et inspecté les sites d’exécution dans la forêt.
  • Lorsque deux policiers lui ont demandé à Józefów d’être dispensés de participer à la fusillade, il a refusé et leur a déclaré, en guise de menace, qu’ils pouvaient aller s’allonger aux côtés des victimes ; d’autres supérieurs les ont ensuite dispensés de cette mission.
  • Le tribunal régional de Hambourg l’a condamné le 8 avril 1968 à huit ans d’emprisonnement pour complicité de meurtre dans 9 200 cas retenus à son encontre par le jugement. À l’issue du contrôle exercé par la Cour fédérale de justice le 7 avril 1970, la peine définitive prononcée dans l’affaire est restée fixée à huit ans.

Place dans la chaîne de responsabilité

Wohlauf représente l’échelon du commandement d’une compagnie qui donnait concrètement effet à un ordre du bataillon en organisant les sites d’exécution, en affectant les policiers et en assurant la discipline des subordonnés. Le profil fonde sa responsabilité sur des décisions documentées et sur l’issue judiciaire définitive, sans reporter mécaniquement sur un commandant l’intégralité des crimes commis par le bataillon 101.

Événements et mécanismes clés

  • prise du commandement de la 1re compagnie et fonctions de commandant adjoint du 101e bataillon de réserve de police en 1942
  • réunion d’instructions, organisation des sites d’exécution et refus de dispenser des policiers pendant le massacre de Józefów le 13 juillet 1942
  • suspension de ses fonctions dans la police en janvier 1963 et arrestation au cours de l’enquête en 1964
  • jugement du tribunal régional de Hambourg du 8 avril 1968 et décision de la Cour fédérale de justice du 7 avril 1970
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Après la guerre, il a réintégré la police de Hambourg. Il a été suspendu en janvier 1963 et arrêté en 1964. Le tribunal régional de Hambourg lui a infligé une peine de huit ans d’emprisonnement en 1968 ; la Cour fédérale de justice a réexaminé l’affaire en 1970, et la peine définitive a été fixée à huit ans.

Limites des preuves

Le chiffre de 9 200 correspond au périmètre de l’imputation juridique retenue lors du procès, et non à un classement fondé sur le nombre de victimes ni à la somme de tous les crimes commis par le bataillon. Les reconstitutions livrées par les policiers entendus comme témoins divergent sur les détails de la réunion d’instructions et sur certaines scènes à Józefów ; le profil ne retient que les éléments étayés par les pièces judiciaires et les travaux historiques comparatifs.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.