Édition française alignée sur les sources
Harald Turner
Harald Turner a exercé la fonction suivante : chef de l’état-major administratif du commandant militaire allemand en Serbie occupée. Ce profil reconstruit sa place dans Serbie, Belgrade et Sajmište à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- À partir d’avril 1941, il dirigea l’état-major administratif du commandant militaire allemand en Serbie, supervisant les commandements de campagne et l’appareil collaborationniste serbe.
- Dans un rapport du 21 septembre 1941, il proposa d’arrêter tous les Juifs et les Roms comme otages ; une encyclopédie spécialisée de l’université de Heidelberg le désigne comme l’un des initiateurs du meurtre de masse des Juifs et des Roms à l’automne 1941.
- Dans une lettre à Karl Wolff datée du 11 avril 1942, il faisait état de la fusillade des hommes juifs qui avaient pu être appréhendés, du regroupement des femmes et des enfants dans un camp et de l’acquisition, avec l’aide du SD, d’un camion à gaz destiné à la liquidation finale du camp.
- Le 29 août 1942, il indiqua que la « question juive » et la « question tsigane » avaient été réglées en Serbie ; après la guerre, un tribunal militaire de Belgrade le condamna à mort par pendaison.
Place dans la chaîne de responsabilité
Turner met en évidence un point d’articulation civilo-militaire de l’occupation : administration, commandements de campagne, police collaborationniste, SD, camps et logistique de la mise à mort. Ses propres rapports et sa lettre étayent une responsabilité qui ne repose pas sur sa seule fonction, sans pour autant faire de lui l’unique exécutant de toutes les fusillades et de tous les gazages commis en Serbie.
Événements et mécanismes clés
- prise de fonctions à la tête de l’état-major administratif en Serbie en avril 1941
- rapport proposant l’arrestation des Juifs et des Roms le 21 septembre 1941
- lettre relative au camion à gaz et à la liquidation du camp le 11 avril 1942
- procès du 27 février au 3 mars et exécution le 9 mars 1947
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Après son extradition vers la Yougoslavie, il fut jugé devant un tribunal militaire à Belgrade du 27 février au 3 mars 1947. Il fut condamné à mort par pendaison, et la peine fut exécutée le 9 mars 1947.
Limites des preuves
En Serbie, les compétences du commandant de la Wehrmacht, de l’état-major administratif, de l’Einsatzgruppe, du HSSPF, du SD, de la police et des autorités collaborationnistes se chevauchaient ; on ne saurait imputer à Turner les actes d’une institution sans fondement documentaire. La lettre d’avril 1942 constitue son propre récit et atteste qu’il avait connaissance des faits et jouait un rôle actif de coordination, mais elle doit être lue à la lumière des documents et de la chronologie du passage du camp sous l’autorité de Meyszner.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.