Édition française alignée sur les sources
Konstantin von Neurath
Konstantin von Neurath a exercé la fonction suivante : ministre allemand des Affaires étrangères de 1932 à 1938 et protecteur du Reich en Bohême-Moravie de 1939 à 1941. Ce profil reconstruit sa place dans Allemagne et protectorat occupé de Bohême-Moravie à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- Comme ministre des Affaires étrangères, Neurath participa aux politiques du régime comprenant le retrait de la Société des Nations, le réarmement, le rétablissement du service militaire obligatoire et la remilitarisation de la Rhénanie.
- Après son départ du ministère en février 1938, il conserva des fonctions formelles dans le régime et fut nommé protecteur du Reich en Bohême-Moravie le 18 mars 1939.
- Le Tribunal constata que, sous son autorité dans le Protectorat, la presse libre, les partis et les syndicats furent abolis, l’industrie intégrée à l’économie de guerre allemande et les mesures antijuives nazies introduites.
- Le jugement traita aussi des arrestations massives de Tchèques, de la fermeture des universités, de l’emprisonnement d’étudiants et d’un mémorandum de germanisation approuvé par Neurath qui proposait d’écarter l’intelligentsia et les groupes susceptibles de résister.
- Le Tribunal militaire international le déclara coupable des quatre chefs et le condamna à 15 ans de prison ; il fut libéré pour raisons de santé en 1954 après huit ans.
Place dans la chaîne de responsabilité
Le profil de Neurath relie deux phases distinctes : le soutien diplomatique à la politique agressive de l’État et la direction de l’administration du Protectorat occupé. L’attribution repose sur les constatations du jugement du TMI concernant ses fonctions, sa connaissance et son autorité ; elle ne lui transfère pas automatiquement chaque acte policier ni la terreur ultérieure de Heydrich.
Événements et mécanismes clés
- direction du ministère des Affaires étrangères de 1932 à 1938 pendant le réarmement et la remilitarisation de la Rhénanie
- nomination comme protecteur du Reich en Bohême-Moravie le 18 mars 1939
- répression, exploitation et mémorandum de germanisation dans le Protectorat en 1939–1941
- condamnation sur les quatre chefs par le TMI le 1er octobre 1946
- libération pour raisons de santé en 1954
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Le TMI déclara Neurath coupable de complot, de crimes contre la paix, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il fut condamné à 15 ans de prison. Libéré pour raisons de santé en 1954 après huit ans, il mourut en 1956.
Limites des preuves
Le profil sépare son mandat de ministre des Affaires étrangères (1932–1938) de la période pendant laquelle il exerça effectivement la fonction de protecteur du Reich (18 mars 1939–27 septembre 1941). Il conserva formellement le titre jusqu’en août 1943, mais se mit en congé et refusa de continuer à exercer après l’envoi de Heydrich. Le jugement releva aussi ses interventions pour certains détenus ; ces circonstances atténuantes ne modifièrent pas sa culpabilité sur les quatre chefs.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.