Édition française alignée sur les sources

Heinz Errelis

condamné en Allemagne de l’Ouest à 6 ans et 6 mois pour complicité dans des déportations ; acquitté dans une affaire distincte 1912–1994

Heinz Errelis a exercé la fonction suivante : chef de l’antenne de la Gestapo à Grodno, subordonnée au KdS Białystok. Ce profil reconstruit sa place dans Grodno, Kiełbasin et district de Białystok à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

GestapoGhettoïsationDéportations

Éléments établis

  • Le jugement du tribunal régional de Cologne et les études archivistiques identifient Errelis comme le chef de l’antenne de la Gestapo à Grodno à partir de décembre 1941 ; plus d’une douzaine d’agents lui étaient subordonnés et l’antenne relevait de la structure du KdS Białystok.
  • Le tribunal a établi que, bien qu’Errelis eût délégué la gestion quotidienne des affaires juives à ses subordonnés, il conservait son autorité sur l’antenne et avait personnellement supervisé certains convois partis des ghettos de Grodno et du camp de rassemblement de Kiełbasin.
  • Le tribunal régional de Bielefeld l’a condamné le 14 avril 1967 à six ans et six mois d’emprisonnement pour complicité dans certaines des déportations qui conduisirent à l’extermination ; le jugement est devenu définitif à la suite de la décision rendue par la Cour fédérale de justice le 5 février 1970.
  • Dans un procès distinct, le tribunal régional de Cologne a acquitté Errelis en 1968 des accusations relatives à des homicides précis qu’il aurait personnellement commis, faute de preuves suffisantes. Cet acquittement ne doit pas être confondu avec la condamnation relative aux déportations ; les allégations qui ont abouti à l’acquittement ne sauraient davantage être présentées comme des faits.

Place dans la chaîne de responsabilité

Errelis représente l’échelon de l’antenne locale : entre le KdS régional et les agents chargés des ghettos, du point de rassemblement et des convois. Les jugements permettent de distinguer la complicité établie dans les déportations des homicides précis que le tribunal de Cologne n’a pas considérés comme prouvés.

Événements et mécanismes clés

  • prise de la direction de l’antenne de la Gestapo à Grodno en décembre 1941
  • supervision par l’antenne des déportations depuis les ghettos de Grodno et depuis Kiełbasin durant l’hiver 1942–1943
  • mutation hors de Grodno au printemps 1943
  • jugement du tribunal régional de Bielefeld du 14 avril 1967
  • acquittement prononcé à Cologne en 1968 dans une procédure distincte relative à des accusations de meurtre, puis jugement de Bielefeld devenu définitif en 1970
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Après avoir été fait prisonnier par les Britanniques, il s’est évadé du camp de Rimini en 1947 et a vécu sous un faux nom jusqu’en 1950. Le tribunal régional de Bielefeld l’a condamné en 1967 à six ans et six mois d’emprisonnement ; après l’examen en appel, il a commencé à purger sa peine en 1970 et a bénéficié d’une libération conditionnelle en 1974. Il est mort à Bochum en 1994.

Limites des preuves

Le jugement de Cologne n’a pas confirmé les accusations d’homicides personnellement commis, et le profil ne les reprend pas comme des faits. La direction de l’antenne ne doit pas être assimilée à l’exécution personnelle de chaque acte de ses subordonnés. Certains index secondaires de langue anglaise emploient la forme « Heinz Erreles » ; la graphie canonique « Heinz Errelis » figure dans le jugement allemand, l’inventaire de l’IPN et les travaux actuels. La date de son décès est confirmée par des recherches universitaires ultérieures.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.