Édition française alignée sur les sources
Gerhard Riebel
Gerhard Riebel a exercé la fonction suivante : commandant de la 3e compagnie du bataillon de police 322, puis de la 9e compagnie du régiment de police Centre. Ce profil reconstruit sa place dans Białystok, Dulag 185, Moguilev et Biélorussie occupée à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- Il a commandé la 3e compagnie du bataillon de police 322, qui est devenue, après une réorganisation, la 9e compagnie du régiment de police Centre.
- Du 9 au 16 juillet 1941, sa compagnie a assuré la garde du camp de transit pour prisonniers de guerre Dulag 185 près de Białystok. Le rapport de l’unité consignait que les gardiens avaient tué 71 Juifs et deux prisonniers de guerre soviétiques sous prétexte d’une tentative d’évasion ; le document n’établit pas que Riebel ait personnellement tiré.
- Dans un rapport qu’il a signé sur l’opération menée à Moguilev les 2 et 3 octobre 1941, il a indiqué qu’une opération à laquelle participaient plusieurs formations avait permis d’arrêter 2 208 personnes et que la 9e compagnie en avait tué 65 sur place. D’autres documents font état de la participation de cette compagnie à l’exécution de 545 de ces personnes.
- Le tribunal régional de Fribourg l’a acquitté le 12 juillet 1963 lors d’un procès relatif à la participation à des exécutions de masse. La Cour fédérale de justice a rejeté le recours du parquet le 14 janvier 1964, rendant l’acquittement définitif.
Place dans la chaîne de responsabilité
L’affaire Riebel permet de confronter ses rapports de commandant de compagnie à l’issue d’un procès ultérieur. Les rapports documentent la responsabilité attachée au commandement et l’enregistrement des meurtres commis par la compagnie, mais ne remplacent pas la preuve qu’il ait personnellement tiré. L’acquittement définitif doit être présenté parallèlement aux documents : il ne doit être ni passé sous silence ni interprété comme signifiant que les événements qui y sont décrits n’ont pas eu lieu.
Événements et mécanismes clés
- prise du commandement de la 3e compagnie du bataillon de police 322 en 1941
- mission de garde de la compagnie au Dulag 185 du 9 au 16 juillet 1941 et meurtres de prisonniers consignés dans son rapport
- rafle et fusillades de masse dans la région de Moguilev les 2 et 3 octobre 1941, décrites dans son rapport
- procès et acquittement par le tribunal régional de Fribourg le 12 juillet 1963
- rejet du recours du parquet par la Cour fédérale de justice le 14 janvier 1964
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Il a comparu devant le tribunal régional de Fribourg avec d’autres membres du bataillon de police 322 pour participation à des exécutions de masse. Le tribunal l’a acquitté le 12 juillet 1963. La Cour fédérale de justice a rejeté le recours du parquet le 14 janvier 1964 ; la procédure ne s’est donc pas achevée par une condamnation.
Limites des preuves
Les rapports de la compagnie décrivent les résultats d’opérations collectives et ne permettent pas de conclure automatiquement que Riebel a personnellement tué les personnes qui y sont recensées. Il importe tout autant de distinguer sa signature documentée et sa fonction de commandement de la portée que le tribunal a reconnue aux éléments de preuve lors du procès, lequel s’est achevé par un acquittement définitif. Sa date de décès n’a pas été confirmée.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.