Édition française alignée sur les sources
Fritz ter Meer
Fritz ter Meer a exercé la fonction suivante : membre du directoire d’IG Farben et président de son comité technique ; condamné pour spoliation dans les pays occupés et participation au travail forcé. Ce profil reconstruit sa place dans Pologne et France occupées – IG Farben, Auschwitz-Monowitz et entreprises saisies à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- Ter Meer était membre du directoire d’IG Farben et président de son comité technique, ce qui le plaçait parmi les principaux dirigeants du groupe.
- Le tribunal du procès IG Farben le déclara coupable du chef II. Il établit sa responsabilité personnelle dans la participation de Farben aux spoliations en Pologne et en Alsace-Lorraine et dans les négociations ayant mené à l’accord Francolor.
- Pour les entreprises d’Auschwitz et de Fürstengrube, le tribunal établit que ter Meer participa activement à l’obtention de main-d’œuvre forcée en connaissant les souffrances et les conditions très dures imposées aux travailleurs ; il fut déclaré coupable du chef III.
- Tous les accusés furent acquittés des chefs I et V concernant les crimes contre la paix et le complot correspondant ; ter Meer n’était pas poursuivi sous le chef IV relatif à l’appartenance à la SS.
- Il fut condamné à sept ans de prison, mais libéré pour bonne conduite en 1950. En 1956, il entra au conseil de surveillance de Bayer AG, où il siégea jusqu’en 1964.
Place dans la chaîne de responsabilité
Le profil individualise la responsabilité d’un dirigeant d’entreprise par des constatations judiciaires précises : participation aux saisies de biens et recherche active de main-d’œuvre forcée. Il ne repose pas sur la seule appartenance au directoire et n’attribue à ter Meer ni toutes les activités d’IG Farben, ni toutes ses usines, ni les expériences médicales conduites par d’autres.
Événements et mécanismes clés
- participation à la réunion du 6 février 1941 sur l’expansion de Buna, avant le choix d’Auschwitz comme site
- participation aux spoliations en Pologne et en Alsace-Lorraine ainsi qu’à l’accord Francolor pendant l’occupation
- participation active à l’obtention de main-d’œuvre forcée pour les entreprises d’Auschwitz et de Fürstengrube
- condamnation à sept ans de prison au procès IG Farben le 30 juillet 1948
- entrée au conseil de surveillance de Bayer AG en 1956
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Le tribunal militaire américain du procès IG Farben déclara ter Meer coupable des chefs II et III et le condamna à sept ans de prison. Il fut libéré pour bonne conduite en 1950. Bayer AG l’élut à son conseil de surveillance en 1956 ; il y siégea jusqu’en 1964. Il mourut en 1967.
Limites des preuves
Le jugement relie personnellement ter Meer à des cas précis de spoliation et à l’obtention de main-d’œuvre forcée pour Auschwitz et Fürstengrube. Le profil ne lui attribue pas toutes les activités d’IG Farben, les conditions sur chaque chantier, la production de Zyklon B ou les expériences médicales. Il fut déclaré coupable des chefs II et III ; tous les accusés furent acquittés des chefs relatifs aux crimes contre la paix et au complot correspondant.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.