Édition française alignée sur les sources

Arthur Liebehenschel

condamné à mort par le Tribunal national suprême ; exécuté en 1948 1901–1948

Arthur Liebehenschel a exercé la fonction suivante : commandant d’Auschwitz I et commandant de la garnison d’Auschwitz, puis commandant du camp de concentration de Lublin-Majdanek. Ce profil reconstruit sa place dans Auschwitz, Birkenau, Lublin et Majdanek à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

AuschwitzMajdanekTravail forcéShoah

Éléments établis

  • Avant de prendre le commandement d’un camp, il a travaillé au siège du système concentrationnaire, dirigé le bureau D I du SS-WVHA et exercé les fonctions d’adjoint de l’inspecteur des camps de concentration Richard Glücks.
  • De novembre 1943 à mai 1944, il a été commandant d’Auschwitz I et commandant de la garnison d’Auschwitz. Après la division du complexe, Auschwitz II-Birkenau avait ses propres commandants ; les ordres qu’ils ont donnés ne peuvent donc pas tous être attribués à Liebehenschel comme des décisions personnelles.
  • Dans l’ordre du commandant n° 2/44 du 7 janvier 1944, il a ordonné d’affecter les détenues juives à des travaux physiques plus pénibles, et les détenues allemandes ainsi que celles que la SS considérait comme aryennes à des travaux de bureau ou à des travaux dans des locaux chauffés.
  • De mai à juillet 1944, il a été le dernier commandant du camp de concentration de Lublin-Majdanek, une fonction qui lui conférait l’autorité principale sur l’organisation et le fonctionnement du camp pendant la dernière phase de son existence.
  • Le Tribunal national suprême l’a condamné à mort le 22 décembre 1947 lors du premier procès d’Auschwitz ; la peine a été mise à exécution à Cracovie le 24 janvier 1948.

Place dans la chaîne de responsabilité

Liebehenschel relie l’administration centrale du système concentrationnaire à deux commandements de camp en Pologne occupée. Son propre ordre répartissant le travail selon une hiérarchie raciste constitue une preuve particulièrement claire. Le profil préserve la division des compétences au sein du complexe d’Auschwitz et ne lui attribue pas automatiquement tous les crimes commis à Birkenau ou à Majdanek.

Événements et mécanismes clés

  • activité au sein de l’Inspection des camps de concentration et du bureau D I du SS-WVHA avant novembre 1943
  • prise du commandement d’Auschwitz I et de la garnison d’Auschwitz en novembre 1943
  • édiction de l’ordre n° 2/44 sur la répartition raciste du travail des détenues le 7 janvier 1944
  • prise du commandement du camp de concentration de Lublin-Majdanek en mai 1944
  • procès devant le Tribunal national suprême à Cracovie à partir du 24 novembre 1947, jugement du 22 décembre et exécution le 24 janvier 1948
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Après son extradition vers la Pologne, il a été mis en accusation, avec 39 autres membres du personnel d’Auschwitz, devant le Tribunal national suprême à Cracovie. Le procès a commencé le 24 novembre 1947. Il a été condamné à mort le 22 décembre et pendu dans une prison de Cracovie le 24 janvier 1948.

Limites des preuves

La fonction de commandant ne constitue pas, à elle seule, la preuve qu’il ait personnellement procédé à chaque mise à mort. À partir de novembre 1943, le complexe d’Auschwitz a été divisé et Auschwitz II-Birkenau a eu son propre commandant ; le profil délimite l’étendue de l’autorité de Liebehenschel sans effacer cette division. Il n’avance pas non plus de bilan personnel des victimes, que les sources utilisées et la structure du procès collectif ne permettent pas d’établir de manière fiable.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.