Dossier de mécanisme

Prisons, tribunaux sommaires de police et exécutions

Comment la détention, l’interrogatoire, un simulacre de procédure judiciaire et l’exécution formaient des mécanismes articulés de la terreur d’occupation allemande.

La terreur d’occupation s’appuyait sur des lieux qui reliaient arrestation, interrogatoire, condamnation et mise à mort. Un service politique de la Gestapo pouvait enregistrer les détenus et conduire des enquêtes ; un tribunal sommaire de police pouvait prononcer des condamnations à mort en série après des audiences de pure forme ; le personnel du camp ou de la prison procédait ensuite aux exécutions.

À Auschwitz, le tribunal sommaire de la Gestapo de Katowice siégeait au bloc 11. Rudolf Mildner présidait les séances, tandis que le service politique dirigé par Maximilian Grabner conduisait les enquêtes et participait au dispositif entourant les exécutions. Leurs responsabilités se recoupaient sans être identiques. Cette distinction importe, car elle montre comment la coopération institutionnelle créait une voie directe du dossier au mur d’exécution.

À Łódź, Radogoszcz montre une autre partie du mécanisme. Les passages à tabac habituels, la torture et les exécutions aboutirent à la tentative de janvier 1945 de liquider la prison et ses détenus au moment du retrait des forces allemandes. Le procès de Walter Pelzhausen permet d’examiner la responsabilité de commandement parallèlement aux actes des différents gardes.

À Varsovie, il n’existait pas de parcours unique de la prison au tribunal. Le lien de Meisinger avec l’Aktion AB et Palmiry, ainsi que le rôle de Max Daume dans le système des otages et des représailles collectives, relèvent de voies distinctes menant à l’exécution. Hahn et Stamm relient le commandement policier régional à Pawiak, tandis que le Sonderkommando ultérieur de Spilker relie la sélection policière à l’exécution pendant l’insurrection. Leur présence dans cette sélection ne signifie pas que toutes les affaires soient passées par un tribunal sommaire ou par la même institution.

La chaîne

  1. 1arrestation et enregistrement
  2. 2interrogatoire et torture
  3. 3décision policière ou administrative
  4. 4détention, travail forcé ou exécution
  5. 5reconstitution d’après-guerre à partir des témoignages et des dossiers judiciaires

Profils liés à ce mécanisme

Cercle V

Rudolf Mildner

chef de la Gestapo de Katowice et président du tribunal sommaire de police à Auschwitz

jamais jugé ; destin ultérieur non élucidé

Cercle V

Maximilian Grabner

chef du Département politique de la Gestapo au camp de concentration d’Auschwitz

exécuté en 1948

Cercle VI

Walter Pelzhausen

commandant de la prison de police de Radogoszcz à Łódź

exécuté en 1948

Cercle V

Helmut Bischoff

commandant de l’Einsatzkommando 1/IV et chef de la Gestapo à Poznań

aucune condamnation définitive

Cercle V

Josef Meisinger

commandant de la police de sûreté et du SD dans le district de Varsovie

exécuté en 1947

Cercle V

Ludwig Hahn

commandant de la police de sûreté et du SD dans le district de Cracovie puis dans celui de Varsovie

condamné en Allemagne de l’Ouest, mais sans examen complet de sa responsabilité

Cercle VI

Max Daume

officier de la police d’ordre à Varsovie responsable de la répression et de l’exécution d’otages

exécuté en 1947

Cercle V

Walter Stamm

inspecteur de la police de sûreté et du SD à Varsovie et supérieur de l’appareil carcéral et d’exécution

aucune condamnation définitive pour son activité à Varsovie

Cercle VI

Alfred Spilker

commandant du Sonderkommando Spilker à Varsovie

mort en 1945 ; jamais jugé

Cercle VII

Franz Bürkl

officier de la police de sûreté à la prison de Pawiak ; les sources le décrivent soit comme commandant adjoint, soit comme chef de quart

tué par l’Armia Krajowa en 1943 ; non jugé après la guerre

Cercle VI

Ernst Lautz

procureur général auprès du Tribunal du peuple à Berlin

condamné à dix ans d’emprisonnement ; libéré en 1951

Cercle VI

Günther Joël

fonctionnaire chargé du droit pénal au ministère de la Justice du Reich, puis procureur général à Hamm

condamné à dix ans d’emprisonnement ; libéré en 1951

Cercle V

Johannes Thümmler

commandant de la Police de sûreté à Katowice et président du tribunal sommaire de police siégeant au camp de concentration d’Auschwitz

visé par plusieurs enquêtes, mais jamais condamné définitivement ; mort en 2002

Cercle VI

Waldemar Macholl

commissaire de la police des frontières à Suwałki, puis chef, au sein de la Gestapo de Białystok, de la section IV A-3 chargée de combattre la résistance

condamné à mort en Pologne ; exécuté le 15 juillet 1949

Cercle VI

Hellmuth Holland

chef du parquet allemand de Piotrków et procureur devant le tribunal spécial de Piotrków

condamné à deux reprises en Pologne ; peine globale de 8 ans ; a travaillé au sein de la justice ouest-allemande après sa libération

Cercle VI

Gerhard Pchalek

procureur devant les tribunaux spéciaux de Bielitz et de Kattowitz ainsi qu’au parquet général près le tribunal régional supérieur de Kattowitz

condamné en Allemagne de l’Est à 4 ans d’emprisonnement ; libéré conditionnellement en 1962

Cercle V

Kurt Bode

président du tribunal de campagne lors des procès des défenseurs de la Poste polonaise, puis procureur général du Reichsgau Dantzig–Prusse-Occidentale

jamais condamné ; a poursuivi une carrière judiciaire après-guerre en Allemagne de l’Ouest ; mort en 1979

Sources de départ

Chaque profil lié présente son propre corpus de sources et ses limites. Les références ci-dessous introduisent le mécanisme dans son ensemble.