Édition française alignée sur les sources

Max Montua

mort par suicide en avril 1945 ; jamais jugé 1886–1945

Max Montua a exercé la fonction suivante : commandant de la Police d’ordre à Varsovie, puis commandant du régiment de police Centre. Ce profil reconstruit sa place dans Varsovie, Białystok, Moguilev et zone arrière du groupe d’armées Centre à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

Exécutions de massePolice d’ordreDissimulation des crimesShoah

Éléments établis

  • De mars 1940 à juin 1941, il a exercé à Varsovie occupée les fonctions de commandant de la Police d’ordre et de commandant du régiment de police de Varsovie ; de l’été 1941 à janvier 1942, il a commandé le régiment de police Centre dans la zone arrière du front de l’Est.
  • Le 11 juillet 1941, il a signé un ordre confidentiel adressé aux bataillons de police 307, 316 et 322 qui transmettait l’ordre d’Erich von dem Bach-Zelewski de fusiller sommairement les hommes juifs âgés de 17 à 45 ans considérés comme des pillards.
  • Dans le même document, il a prescrit la logistique des exécutions et la dissimulation de leurs traces : choix de sites éloignés des localités et des routes, nivellement des fosses, interdiction de prendre des photographies et d’admettre des spectateurs, tenue secrète des emplacements et remise de rapports quotidiens. Il a également demandé aux commandants d’encadrer les policiers après les exécutions par des réunions de camaraderie et une instruction idéologique.
  • Il a assisté à la conférence sur la lutte contre les partisans organisée à Moguilev du 24 au 26 septembre 1941 et y a pris la parole. Le programme de la conférence comprenait des opérations de démonstration au cours desquelles des Juifs ont été tués ; les sources confirment la participation de Montua, mais ne permettent pas de lui imputer personnellement chacun de ces meurtres.

Place dans la chaîne de responsabilité

Montua représente l’échelon du commandement régimentaire où l’ordre d’un chef supérieur de la SS et de la police se traduisait par des consignes sur les exécutions et leur compte rendu, la dissimulation des fosses et la gestion des réactions des exécutants. L’ordre du 11 juillet transmettait la directive de Bach-Zelewski, elle-même issue de la hiérarchie de Himmler ; cela n’efface pas la part d’initiative de Montua dans la définition et la mise en œuvre de la procédure.

Événements et mécanismes clés

  • commandement de la Police d’ordre et du régiment de police de Varsovie de mars 1940 à juin 1941
  • prise du commandement du régiment de police Centre à l’été 1941
  • signature de l’ordre confidentiel d’exécution et des instructions relatives à la dissimulation des traces le 11 juillet 1941
  • participation à la conférence sur la lutte contre les partisans à Moguilev du 24 au 26 septembre 1941
  • suicide à Dahme en avril 1945
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Il n’a pas été jugé après la guerre. Il est mort par suicide à Dahme le 20 avril 1945, avant la fin de la guerre en Europe.

Limites des preuves

L’ordre du 11 juillet 1941 transmettait une instruction émanant d’un commandant supérieur ; le profil distingue donc la source de la directive des consignes opérationnelles signées par Montua. Sa participation à la conférence de Moguilev ne prouve pas qu’il ait personnellement ordonné ou commis chacun des meurtres perpétrés pendant les démonstrations qui s’y déroulèrent ou lors des opérations ultérieures du régiment de police Centre.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.