Édition française alignée sur les sources

Martin Fellenz

condamné à sept ans de réclusion ; libéré après imputation sur sa peine d’environ cinq ans de détention provisoire 1909–2007

Martin Fellenz a exercé la fonction suivante : chef d’état-major du chef de la SS et de la police dans le district de Cracovie, chargé de diriger sur le terrain l’organisation des déportations. Ce profil reconstruit sa place dans Cracovie, Miechów, Przemyśl, Rzeszów et Tarnów à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

DéportationsLiquidations de ghettosBełżec

Éléments établis

  • Un acte d’accusation conservé par l’IPN porte sur les transports du ghetto de Cracovie vers Bełżec que Fellenz dirigea personnellement entre le 1er et le 8 juin 1942.
  • Le jugement définitif du tribunal régional de Kiel conclut que Fellenz n’avait pas été un simple observateur : il avait dirigé sur le terrain la mise en œuvre de quatre ensembles d’opérations de déportation et en connaissait la finalité. Les synthèses accessibles au public ne permettent pas d’établir avec certitude que ces quatre ensembles recouvrent la liste complète des cinq villes mentionnées dans la documentation plus vaste réunie par l’accusation.
  • Le jugement écarta le moyen tiré de la contrainte qu’auraient exercée les ordres reçus, mais ne tint pas pour établis les meurtres individuels que certains témoins lui attribuaient personnellement.
  • Le 27 janvier 1966, il fut condamné à sept ans de réclusion ; environ cinq ans de détention provisoire furent imputés sur sa peine, et il fut libéré après le jugement.

Place dans la chaîne de responsabilité

Le profil de Fellenz éclaire le commandement logistique des déportations : il relie l’état-major du chef de la SS et de la police, les délégués de terrain, la sélection sur place et le transport vers un centre d’extermination. Le jugement permet de distinguer sa responsabilité dans l’organisation des déportations des allégations non prouvées selon lesquelles il aurait tué des personnes de ses propres mains.

Événements et mécanismes clés

  • prise de fonctions comme chef d’état-major du chef de la SS et de la police dans le district de Cracovie
  • direction de la déportation du ghetto de Cracovie vers Bełżec en juin 1942
  • supervision d’opérations de déportation ultérieures dans le district jusqu’à l’automne 1942
  • premier jugement en 1963, son annulation et un nouveau jugement le 27 janvier 1966
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

La première peine de quatre ans, prononcée en 1963, fut annulée par la Cour fédérale de justice. Lors du nouveau procès, le tribunal régional de Kiel condamna Fellenz, le 27 janvier 1966, à sept ans de réclusion pour complicité de meurtre dans quatre ensembles d’opérations de déportation. L’imputation d’environ cinq ans de détention provisoire et sa libération après le jugement firent qu’il ne purgea pas l’intégralité de la peine.

Limites des preuves

Le profil se fonde sur la portée du jugement définitif rendu à l’issue du second procès. Il n’en retient pas les allégations de fusillades individuelles que le tribunal ne considéra pas comme établies et n’attribue pas à Fellenz la responsabilité exclusive de la planification de l’ensemble de la Shoah dans le district. Les sources divergent quant à la date exacte de sa mort ; seule l’année 2007 est donc indiquée.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.