Édition française alignée sur les sources
Emil Puhl
Emil Puhl a exercé la fonction suivante : vice-président de la Reichsbank chargé d’appliquer les arrangements avec la SS concernant les valeurs volées. Ce profil reconstruit sa place dans Berlin, Allemagne nazie et Pologne occupée à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- De 1939 à la fin de la guerre, Puhl fut vice-président de la Reichsbank, comme il le confirma dans une déclaration sous serment faite à Nuremberg en 1946.
- Dans cette déclaration, il décrivit les arrangements selon lesquels la Reichsbank acceptait l’or dentaire, les bijoux, devises et autres valeurs pris par la SS aux victimes des camps, et selon lesquels les détails étaient convenus avec Oswald Pohl.
- Les recherches de la Deutsche Bundesbank indiquent qu’à partir de 1942, des valeurs provenant de Bełżec, Sobibór et Treblinka parvinrent à la Reichsbank et que Puhl participa au règlement des détails de cette opération.
Place dans la chaîne de responsabilité
Puhl montre l’étape financière finale d’une chaîne criminelle : accepter, conserver, comptabiliser et utiliser les valeurs prises aux personnes déportées et assassinées. Le profil sépare cette capacité d’action documentée des décisions de déportation, de la gestion des camps et du meurtre direct.
Événements et mécanismes clés
- arrangements entre la Reichsbank et la SS pour l’acceptation des valeurs en 1942
- réception par la Reichsbank du premier lot de valeurs de l’Aktion Reinhard en août 1942
- procédures de Nuremberg et déclaration sous serment en 1946
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Au procès des Ministères à Nuremberg, Puhl fut condamné à cinq ans d’emprisonnement pour crimes de guerre. Il mourut en 1962.
Limites des preuves
Les sources conservées documentent très bien les arrangements et le flux des valeurs, mais ne permettent pas d’attribuer à Puhl chaque livraison précise ou sa valeur sans risque de double comptage. Le profil n’établit aucun classement des biens volés ou des victimes.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.